Un total de 9 pages ont été trouvées avec le mot clé justice.

F14 - Agriculture et alimentation : pour produire et consommer mieux, se nourrir autrement


Thème : une alimentation équilibrée valorisant le travail de ceux qui améliorent la qualité des produits et l'utilisation des ressources naturelles

Pourquoi ?

La question de la faim dans le monde, avec un milliard de personnes sous-alimentées (dont trois quart en milieu rural), tandis qu'on compte autant d'obèses suralimentés, l'inégale répartition planétaire des populations et des capacités de production agricole sont encore trop ignorées des français qui font comme s'il était normal qu'une nourriture de plus en plus variée soit disponible, qu'on la gaspille et que leur budget alimentaire diminue.

En France, les agriculteurs se sentent mal compris et souffrent de la volatilité des prix ; la tertiarisation des filières alimentaires éloignent les producteurs des consommateurs ; les peurs d'atteintes à la santé montent du fait de mauvaises pratiques agricoles ; les conséquences de la modernité agricole et alimentaire en matière de gaz à effet de serre, de pollution, de biodiversité, de consommation en eau sont dénoncées ; les firmes d'approvisionnement, de transformation et de distribution profitent de leur position dominante.

Dans le monde, les agricultures familiales sont en voie de marginalisation par une concurrence déloyale entre agricultures à productivité du travail très différente, par le désinvestissement des États, par l'acquisition de terres par des puissances financières et certains États qui détournent les biens fonciers des populations paysannes ....

Que nous soyons consommateurs ou producteurs, cherchons comment agir en tant que citoyens en prenant conscience i)des liens entre alimentation et santé, ii) entre modes d'alimentation et modes d'utilisation des ressources naturelles pour produire cette alimentation, iii) de la valeur du travail des producteurs premiers que sont les agriculteurs, (iiii) de l'interdépendance entre toutes les agricultures du monde et tous les hommes pour leur nourriture.

Objectifs porteurs de sens :

Le sens de nos engagements et de nos interpellations provient des objectifs de :
justice : répartition des moyens de production pour compenser les inégalités naturelles entre les régions du monde ; accès aux besoins alimentaires du minimum vital pour tous ; rémunération juste de tous les agriculteurs du monde.
  • sobriété : dans un usage des ressources fossiles de la planète pour produire ; dans une alimentation plus économe de ces ressources.
  • créativité : dans la recherche de systèmes de production durable, de nouveau modes de coopération entre agriculteurs, agriculteurs et consommateurs, citoyens et collectivités territoriales locales, États et organisations internationales.

Engagements personnels proposés

  • (à titre d'exemple pour montrer que nos choix sont vitaux)
 réduire les gaspillages et les pertes depuis nos achats d'aliments jusqu'à leur utilisation
 équilibrer notre alimentation et lutter contre nos surconsommations alimentaires, notamment carnées
  • se renseigner sur l'origine des produits et se nourrir en mangeant si possible de produits locaux et de saison,
  • encourager les produits du commerce équitable favorisant le développement des agricultures familiales...
  • boycotter les produits recourant à des publicités tendancieuses, exagérées, non transparentes

Engagements collectifs proposés

(à déterminer par chaque collectif )
  • Pour les producteurs et leurs organisations, rechercher à produire des aliments de qualité répodant aux besoins des consommateurs avec des moyens de production de moins en moins exploiteur des ressources naturelles et fossiles,
 Pour les collectivités locales, s'engager à prévoir dans le maillage urbain des jardins ouvriers, une agriculture intra et périurbaine bien intégrée, un respect des règles nutritionnelles dans les cantines...
 Pour les syndicats agricoles français, s'engager à insérer dans la négociation de la politique agricole commune les intérêts réciproques des agricultures du monde ;
 Pour les filières agricoles, s'organiser par profession et mettre en place des accords et contrats pour faire prévaloir les intérêts réciproques des acteurs concernés dans la durée ;
 Pour les acteurs du commerce équitable, s'engager à privilégier les actions porteuses du développement des agricultures familiales ;
 Pour les firmes d'approvisionnement, de transformation et de distribution, chercher à construire des intérêts réciproques dans la durée avec les agriculteurs et les consommateurs ;
  • Pour les chercheurs, aider les agriculteurs qui doivent trouver localement des voies entre écologie et intensification, entre recours à des techniques nouvelles économes en intrants et amélioration de celles qui ont permis la révolution verte, entre valorisation de leurs produits et intérêts des consommateurs...
 Etc.

Interpellations des responsables politiques

Dans le cadre des législations (par exemple loi de modernisation de l'agriculture) et des politiques publiques françaises, demander à l'État :
  • de favoriser les prises de responsabilité individuelles et collectives pour améliorer la prise en compte de nouveaux équilibres à rechercher dans les divers domaines de l'agriculture, de l'alimentation, de l'environnement ;
 de renforcer l'aide à l'alimentation des plus démunis ;
  • de rechercher l'articulation des politiques françaises en matière d'agriculture et d'alimentation avec les politiques européennes et mondiales grâce à des débats sur les approches respectives de ces problèmes, à travers la mise au point de prises de position à l'UE , à la FAO, à l'OMC, au G 20 (par exemple sur la réduction de la volatilité des prix agricoles, sur les équilibres à trouver entre importation et exportation de produits agricoles, sur le degré de protection par rapport au dumping des produits exportés, sur la taxe carbone), à travers des engagements en matière d'aide publique au développement (APD), etc.

L'État, en liaison avec les collectivités locales, les organisations de consommateur, les communautés éducatives, etc., devront favoriser toutes les procédures et financements favorisant l'éducation à une alimentation saine et équilibrée, l'information complète et pédagogique des consommateurs, les mesures pour remplacer les emballages plastiques par des produits biodégradables, les récupérer.

Le Pacte civique, un appel, une approche, une démarche
Un appel à inventer un futur désirable pour tous


tampon
Lien vers: AdhesionPersoEng

Le Pacte civique from UNIQUENESS on Vimeo.


Nous sommes de plus en plus nombreux à être :
? indignés par des inégalités croissantes, la corruption et le règne de la finance,
? conscients des limites de la nature et de l'accumulation des désirs individuels,
? inquiets de la montée de la dette, du chômage, de l'exclusion, des violences,
? choqués par la dégradation de notre démocratie,

Et, en même temps, nous sommes de plus en plus :
? décidés à résister au délabrement de nos sociétés et aux démesures de la mondialisation,
? confiants dans les capacités de chacun à progresser et à construire ensemble,
? déterminés à trouver des équilibres justes en matière sociale et écologique,
? exigeants sur la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait,
? prêts à nous engager et à coopérer pour mieux vivre ensemble.

Il est temps de réagir aux crises, aux dérives et aux fractures dont souffrent notre société et notre démocratie, et c?est possible comme nous le montrent les multiples initiatives en cours. C'est pourquoi plusieurs organisations de la société civile et des militants associatifs ont adopté une plateforme commune et proposé un Pacte civique pour renouveler le vivre-ensemble et rénover la qualité démocratique.

Le Pacte civique, c'est un appel à des personnes et à des organisations qui sont prêtes simultanément à se transformer et à transformer la société pour inventer un futur désirable pour tous.


Il est proposé aux personnes adhérant au Pacte civique :
? d'adopter un certain nombre de comportements porteurs de sens,
? de promouvoir la qualité de la démocratie et du vivre ensemble dans leurs divers lieux de vie et dans les organisations où s?exercent leurs différentes activités,
? de soutenir des réformes visant à mettre la politique et l?économie au service de la personne et à promouvoir notre ouverture sur l?Europe et le monde.

Le Pacte civique s'appuie sur une approche nouvelle du changement et une démarche commune à conduire dans la durée.

Une approche nouvelle du changement


Le pacte civique s'appuie sur des modalités de changement novatrices à articuler entre elles.

Privilégier des impératifs communs
? être créateurs de sens,
? être sobres pour économiser les ressources, vivre de façon solidaire et distinguer l?essentiel du superflu,
? être justes pour assurer le respect des droits fondamentaux pour tous et le partage des richesses,
? être fraternels pour n?oublier personne et mobiliser les capacités de tous.

Changer nos mentalités individuelles et collectives
En prenant des engagements à la fois à titre personnel, à titre d?acteur et en tant que citoyen qui constituent des leviers pour les transformations personnelles et collectives.

Interpeller les citoyens et les candidats aux élections
Il est prévu d'interpeller fin 2011 les citoyens à partir d'un texte plus concis permettant ensuite d'interpeller en premier lieu les candidats aux élections présidentielles, mais aussi éventuellement des élus et des responsables.

Organiser des groupes de travail pour le changement sur des thèmes prioritaires
Des groupes de travail préparent des fiches repère sur des thèmes prioritaires en indiquant la finalité visée, les objectifs à atteindre et les engagements à prendre.

Proposer des débats constructifs pour préparer les réformes indispensables
En soutenant la rencontre entre les forces de la société civile qui acceptent d?inscrire leur projet dans une perspective politique, les acteurs de la société politique conscients de la nécessité de changer leur rapport au pouvoir et les médias capables de sortir des logiques de communication à court terme.

Soutenir des initiatives de résistance créatrice
En appuyant diverses initiatives visant à la mise en ?uvre des engagements du Pacte civique et en favorisant la coopération entre organisations*.


*Ateliers du vivre ensemble, états généraux de l'économie sociale et solidaire, organisation de débats démocratique, formations citoyennes, éducation populaire, service civique, etc.


pour télécharger l'appel cliquez ici

La justice...

Chapeau : Le Pacte civique, c'est quatre valeurs dont la justice.
grilledessouhaits_epsmal-visuel-psy-justice-x.jpg
Billet :

Cette valeur est largement affirmée par la majorité des forces sociales, politiques et spirituelles de notre société, mais peut-on sans danger la reléguer au second plan ?

La justice ne se confond pas avec l’égalité mais s’en rapproche, car de trop grandes inégalités, dans le monde fini qui est le nôtre, conduisent inévitablement à des situations révoltantes qui relèvent de l’injustice. L’égalité s’attache à proclamer les mêmes droits pour tous, et reconnaissons que notre système juridique est bien outillé à cet égard : dès la naissance, nous pouvons nous prévaloir de multiples droits : à la formation, au travail, au logement … Lorsqu’il s’agit de les faire respecter, c’est une autre paire de manches, et c’est là que la justice intervient.

Cette valeur nous conduit aussi à lutter contre la multiplication des exclusions et l’accroissement des inégalités qui atteignent un niveau insupportable et s’opposent à la résorption des trois dettes qui figurent à notre passif.
Dette financière, celle dont on parle le plus, dette sociale envers ceux que notre société a laissés au bord du chemin, dette écologique à l'égard des générations futures.
Elle ajoute enfin aux valeurs de créativité et de sobriété la dimension humaniste qu’elles ne portent pas d’elles-mêmes.


Justice


Les écarts entre les plus riches et les plus démunis ne cessent de s’accroître. Les salaires des dirigeants atteignent des sommets d’indécence tandis que les assemblées d’actionnaires ne parviennent même plus à les maîtriser suscitant l’incompréhension et la colère. La folie des places financières en quête de rentabilité à court terme détruit des emplois et organise l’évasion fiscale qui prive les Etats des moyens dont ils ont besoin pour assumer leurs missions.
Dans le même temps, les oubliés de la croissance, les chômeurs, les travailleurs pauvres se débattent dans les difficultés qui sont leur quotidien, des jeunes sont abandonnés à la précarité qui les empêche de bâtir leur avenir, tandis que des allocataires des minima sociaux ne bénéficient pas de l'accompagnement qui leur serait nécessaire.

Parce que l’opulence est une insulte et une violence faites aux plus pauvres ; parce que l’exigence de sobriété s’impose à nous, pour préserver notre planète comme pour réduire nos déficits, il est plus que jamais nécessaire d’avancer sur la voie de la Justice. Oui, nous avons l’audace de vouloir bâtir une société plus juste. La seule qui rende légitime les efforts demandés à chacun. La seule qui assure la cohésion dont notre société a besoin.
Choisir la justice, c’est mener le combat pour lutter contre la fraude fiscale organisée. C’est  faire les efforts individuels et collectifs nécessaires pour que chacun accède à un emploi de qualité à temps choisi. C'est remettre de l'ordre dans la sphère financière. C'est encourager les mesures législatives qui rétabliront l’équilibre et permettront à chacun de bénéficier des fruits du développement. Choisir la justice, c’est donner à ceux qui sont confrontés à la précarité la protection dont ils ont besoin et les moyens de vivre dignement.
C’est parce qu’au Pacte civique, nous ne nous résignons pas à l’accroissement des inégalités, à l’évasion fiscale, à la misère, que nous choisissons résolument la justice. Pour bâtir ainsi un futur désirable par tous.


Valeurs du Pacte associées : CREATIVITE / SOBRIETE / FRATERNITE


Valeur du pacte associée : Justice

Interpeller les candidats

tampon
Lien vers: AdhesionPersoEng


Cette liste de thèmes a pour objectif de servir de guide lors des rencontres et des débats avec les acteurs politiques, responsables de partis et candidats aux différentes consultations électorales à venir. Elle ne se substitue pas aux 32 engagements ; elle en constitue une application possible auprès d?un secteur bien particulier, celui des responsables politiques. Elle ne vise pas à l?exhaustivité, et ne prétend pas couvrir tout le champ des différents programmes politiques. Elle vise à sélectionner un certain nombre de mesures qui concernent les responsables politiques, et répondent, autant que faire se peut, aux critères suivants : précises, applicables, mesurables, originales (susceptibles de nous différencier, d?apporter des idées neuves), liées aux 32 engagements, adaptées à une coopération avec d?autres partenaires.|
|
|
3 candidats aux élections présidentielle ont adhéré au Pacte civique :
François Bayrou,
François Hollande,
Eva Joly.
3 candidats ont répondu au courrier qui leur a été envoyé sans adhérer :

Nathalie Arthaud,
Nicolas Dupont Aignan,
Nicolas Sarkozy.

Les autres candidats n'ont pas donnés de nouvelles...


1 - Le temps, enjeu de société
Se donner le temps des réformes : un calendrier et des méthodes participatives pour les grandes réformes de société.
Réduire les temps subis et favoriser le temps choisi.

2 ? Vers une société éducative
Mettre en place un indicateur de bien-vivre et de bien-être à l?école.
Restaurer une formation professionnelle des futurs enseignants.
Instituer un « capital temps individuel » utilisable tout au long de la vie (service civique, éducation populaire, action citoyenne ?).

3 ? Plus de justice
Fixer les règles d?un contrat fiscal juste et redistributif prenant en compte les impératifs écologiques
Organiser avec tous les acteurs concernés (syndicats, entreprises, associations, représentants de la jeunesse, des privés d?emploi ?) un Grenelle du retour au plein emploi et de la lutte contre les exclusions.
Réformer la justice afin de lui donner les moyens effectifs et indépendants d?accomplir sa mission réparatrice et éducative.

4 ? Une fraternité active
Améliorer, en tout lieu, la représentation de la diversité.
Prendre des mesures nouvelles en faveur de la parité homme ? femme.
Respecter le droit international vis-à-vis des migrants.

5 ? Un développement juste et sobre
Réaliser un Grenelle des équilibres écologiques et énergétiques en vue de réduire de manière significative notre empreinte écologique.
Réorienter l?économie vers un développement responsable privilégiant l?emploi et la satisfaction des besoins essentiels.

6 ? Une démocratie renouvelée
Diffuser et respecter les règles de l?éthique du débat
Organiser enfin un statut de l?élu
Créer un Observatoire de la Qualité Démocratique

7 ? Une Europe des citoyens
Renforcer la gouvernance et la régulation financière de la zone euro, en codécision avec le parlement européen.
Organiser à l?échelle de l?Europe toute entière un débat citoyen sur les finalités et les méthodes de l?Union.
Impliquer les citoyens européens et leurs organisations dans des partenariats de co-développement, en particulier avec les pays du pourtour méditerranéen et d'Afrique 


Quelques notes


1 - Le temps, enjeu de société
Temps subi et temps choisi : concerne le droit du travail, mais aussi certaines grandes réformes de société (retraites, sécurisation des parcours professionnels ?).

2 ? Vers une société éducative
Indicateurs à l?école : compromis « bien-vivre + bien-être », pour éviter que la question se réduise au confort matériel des enfants.
Formation professionnelle des futurs enseignants : une année complète de formation plein temps ciblée sur les compétences d'animation et de gestion d'une classe et la pédagogie de sa discipline plus une deuxième année en alternance avant toute prise de poste.
Service civique : dispositif actuel pas satisfaisant ; il faut aussi aller vers l?intergénérationnel.

3 ? Plus de justice
Fiscalité : distinguer mesures fiscales immédiates (budget 2013 à voter à l?automne 2012) et réforme de fond, qui doit être préparée démocratiquement (cf. §1).
Justice : gros effort nécessaire pour enrayer la dégradation constatée depuis quelques années.

4 ? Une fraternité active
Diversité « en tout lieu » : partis, mais aussi syndicats, associations, administration, entreprises ?
Migrants : voir nouvelle fiche repère « migrants, pour un avenir commun » bientôt disponible.

5 ? Un développement juste et sobre
Grenelle des équilibres écologiques et énergétiques : il ne s?agit pas de prolonger ou reprendre le Grenelle de l?Environnement conduit par Jean-Louis Borloo, mais de lancer un nouveau débat, incluant notamment la question du nucléaire.
Besoins essentiels : individuels et collectifs, notamment la préservation et le développement des « biens communs ».

6 ? Une démocratie renouvelée
Ethique du débat : il s?agit bien de règles à respecter pour permettre un échange valable ; voir fiche repère n°2, bientôt disponible.
Le statut de l?élu englobe la limitation des mandats dans l?espace et dans le temps. Il s?agit avant tout de dé-professionnaliser la fonction politique.
Observatoire de la qualité démocratique : chargé de surveiller l?expression des leaders dans les médias (pointer, en particulier, les allégations fausses), d?évaluer la manière dont sont conduites les grandes réformes, d?observer le fonctionnement des collectivités.

7 ? Une Europe des citoyens
Insister sur le déficit démocratique actuel de l?Union, et sur le manque de travail commun entre les partis des pays membres.
Les partenariats de co-développement marquent la nécessité d?une Europe ouverte au monde. Ils englobent les questions de délocalisation, de transferts technologiques, de dumping social et écologique ?

Pour télécharger ce document

F6 - Lutter contre toutes les formes d'exclusion dans notre pays


Thème : Comment faire pour que la crise n'aggrave pas ceux qui sont en crise ?

Pourquoi ?

La société moderne engendre des phénomènes nouveaux et particuliers d?exclusion qui requièrent vigilance et mobilisation de tous. Dans notre pays, l?exclusion revêt des formes diverses (chômage, précarité, illettrisme, solitude, absence de logement ou d?accès aux soins, handicaps, pauvreté etc.) et touche des populations ainsi que des territoires différents. Dans les propositions suivantes, nous l?entendrons comme une mise hors jeu plus ou moins prononcée qui peut être sociale, professionnelle et personnelle. L?exclusion entrave l?expression des capacités de celles ou de ceux qui en sont victimes. Disqualification sociale, désaffiliation, autisme social, violation des droits fondamentaux: l?exclusion est une violence à la personne et/ou à une collectivité. La misère en est la forme la plus profonde. L?accès de tous aux droits de tous n?est pas assuré.
Notre démocratie doit intensifier ses efforts de compréhension, d?organisation et de mobilisation pour prévenir et résorber les situations d?exclusion. C?est un élément essentiel du Pacte civique qui doit désormais nous unir.

1) La lutte contre l?exclusion est nécessairement globale puisque celle-ci affecte l?ensemble des conditions de vie et de travail. Elle est fondée sur la réaffirmation du principe irrécusable de la dignité de chaque personne humaine. Elle s?appuie sur les ressources des personnes et des groupes et accompagne le développement de ces ressources en supprimant les obstacles que la nature ou la société leur oppose .Elle porte une attention particulière aux points névralgiques du processus d?exclusion.

2) Selon l?article 1er de la loi d?orientation du 29 juillet 1998 « La lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l?égale dignité de tous les êtres humaines et une priorité de l?ensemble des politiques publiques de la nation ». Cette loi doit être intégralement appliquée ainsi que les dispositions (lois et textes) qui en sont l?application. Les pouvoirs publics doivent en faire le fondement de leur action. Répondre au cumul des précarités, c?est mettre en ?uvre des politiques globales associant et coordonnant les actions dans les secteurs clefs de l?éducation, de l?emploi, de la santé, du logement, de l?éducation et des ressources.

3) Les inégalités s?aggravent tant entre les différentes couches de la population qu?entre les territoires. Une politique de développement systématique des territoires les plus touchés doit être menée de front avec la promotion de stratégies innovantes en matière d?emploi pour tous (demandeurs d?emploi, travailleurs pauvres ou peu qualifiés, personnes souffrant d?un handicap). Cela est d?autant plus nécessaire que la crise multidimensionnelle actuelle fragilise la situation des plus démunis. Ceux qui sont déjà au chômage depuis longtemps risquent de voir leur accès prioritaire à l?emploi encore retardé, tout en étant moins indemnisés. Les plus pauvres sont les premiers à souffrir des troubles environnementaux. Enfin, les tâches de réparation écologiques risquent d?amputer les budgets sociaux si l?on n?y prend pas garde.

4) La recherche de taux de rentabilité exagérés, les réorganisations permanentes, la déstructuration des métiers et des statuts des travailleurs ainsi que l?affaiblissement des syndicats entraîne à la fois la perte de sens et la précarisation croissante tant des travailleurs peu qualifiés que des cadres intermédiaires. La superposition de plus en plus apparente de la souffrance au travail et des souffrances du hors travail, les conséquences parfois dramatiques qui en résultent, révèlent une dégradation de la qualité de vie des travailleurs Il faut reconstruire une continuité des parcours, les multiplier, les diversifier, les requalifier et les sécuriser et lutter contre le travail précaire et à temps partiel non choisi qui ne permet pas des conditions de vie décentes. La loi pour l?aménagement de postes de travail pour les handicapés doit être appliquée?

5) Le retour à un plein emploi de qualité, à temps choisi, avec une bonne protection sociale devra être privilégié, car si l?emploi ne règle pas tout, le chômage et le sous-emploi dérèglent tout (voir fiche).

6) La perte d?un logement décent est toujours significative d?un pallier dramatique dans l?exclusion contre lequel la société doit se mobiliser.

7) L?objectif est de construire une société qui corrige de façon volontariste les discriminations et les handicaps tant dans l?éducation, la formation que dans l?accès à la culture ou l?aménagement de l?espace et du cadre de vie.

Engagements individuels proposés

  • 1.Chacun s?engage à identifier ceux de ses comportements qui peuvent être, consciemment ou non, générateurs d?exclusion dans les différents champs de son activité, y compris le travail professionnel, et à s?efforcer d?y remédier.
  • 2. Chacun s?engage à prendre sa part dans la lutte contre les exclusions, à la mesure de ses moyens, dans sa famille, son voisinage, ses relations, son activité professionnelle, ses engagements en intervenant de façon innovante auprès d?une personne ou d?un groupe victime d?exclusion et, si possible, en contribuant aux efforts des collectifs en lutte ou en les aidant à se constituer

Engagements collectifs proposés aux élus locaux, aux entreprises, aux associations et aux syndicats

1. Dans les territoires en situation de déshérence :
  • Réimplanter des services publics
  • Soutenir financièrement le travail des associations locales engagées dans l?humanisation des conditions de vie, la promotion des personnes en difficultés, et des personnes âgées, l?animation des activités auprès des jeunes, l?intégration civique des étrangers et français d?origine étrangère.
  • Créer des zones franches pour attirer les entreprises et favoriser leur implantation
  • S?opposer à la "fracture numérique" en facilitant les accès gratuits à des "cyber cafés" ou en donnant à certains scolaires des ordinateurs et des abonnements internet gratuits....

2. Dans les politiques de l?emploi
  • Inciter les entreprises à embaucher les populations actuellement laissées pour compte ( jeunes, seniors, femmes seules...) Priorité sera donnée aux quartiers pauvres et territoires sinistrés avec des contrats d?engagement.
  • Développer le parrainage, l?accompagnement ainsi que la formation des demandeurs d?emploi.
  • Soutenir l?embauche des travailleurs handicapés physiques ou mentaux, ou de travailleurs depuis longtemps en situation de marginalité soit par la coercition, soit par une augmentation importante des pénalités, et favoriser leur intégration dans l?entreprise en identifiant les causes de blocage et en y remédiant (ce qui entraînera pour tous une amélioration des conditions d?accueil et de travail).

3. Dans l?action des partenaires sociaux
  • Prendre davantage en compte les questions d?exclusion, tant au sein des entreprises et des administrations qu?à l?extérieur de celles-ci, et favoriser l?expression propre des personnes concernées au sein des organisations ;
  • Collaborer régulièrement avec les associations qui interviennent aux côtés des personnes en situation d?exclusion ;
  • Adapter les systèmes de protection sociale aux pratiques contractuelles en vigueur sur le marché du travail et s?assurer qu?ils couvrent l?ensemble des personnes en recherche d? emploi ou en emploi précaire et prendre soigneusement en compte les périodes sans emploi ou en sous-emploi dans la sécurisation des parcours professionnels ;
  • Encourager et soutenir l?engagement de salariés dans les actions contribuant à la sécurisation des parcours professionnels et à la lutte contre l?exclusion ;
  • À l'égard de l'école, des formations et de la culture, développer les moyens susceptibles de compenser l'absence d'un milieu porteur.

4. Globalement, la lutte contre les exclusions doit devenir une composante fondamentale des politiques de l?Union européenne.

Engagements et procédures nouvelles proposées aux institutions

1. Les dispositions de la loi visant à promouvoir l?emploi des seniors dans les entreprises, sous peine du paiement d?une taxe de 1% seront progressivement étendues aux chômeurs de longue durée. Le produit de cette taxe sera affecté exclusivement au financement des emplois aidés et des formations destinées aux chômeurs de longue durée, dont les effectifs devront être peu à peu résorbés.

2.Afin de faire jouer pleinement son rôle à l?indemnisation du chômage (qui ne couvre que 60% des demandeurs d?emploi) et de diminuer le recours aux minima sociaux, le régime d?assurance chômage sera universalisé, les trois fonctions publiques (Etat, collectivités locales et hôpitaux) étant progressivement mises à contribution dans un esprit de solidarité, tant en ce qui concerne les employeurs que les agents.

3. Une autre politique doit être prévue à l?égard de la jeunesse (Soutien aux Banlieues, Service Civique, ouvrir le RSA aux jeunes qui s?engageront dans un parcours d?insertion organisé?)

4.Une relance de la politique du logement est nécessaire (construction, utilisation des logements vacants, proposition alternative en cas d?expulsion, etc?). Les signataires s?engagent à appliquer rigoureusement la loi sur le Droit Au Logement Opposable (DALO), qui l?est insuffisamment aujourd?hui (20% seulement des demandes en région parisienne aboutit aujourd?hui). Ils s?engagent également à faire respecter scrupuleusement les obligations de la loi SRU sur les 20% de logements sociaux.

5.Pour permettre un accès stable aux grands réseaux de la vie moderne (électricité, eau, téléphone, télévision, internet?), simplifier les multiples dispositifs de soutien et mettre à l?étude un droit à des branchements gratuits et à un minimum de consommation financé par des cotisations proportionnelles aux revenus.

6. Pour que la loi sur la Couverture Maladie Universelle soit vraiment appliquée, l?Etat fera en sorte que l?accès au soin soit assuré par l?ensemble des acteurs de santé.

F18 ? Développer une attitude et orienter la socité vers un mode de vie plus respectueux de la planète


Thème : le triple défi Alimentation-Climat-Energie des années à venir nous oblige à faire évoluer nos modes de vies et changer de modèle de développement.

Pourquoi ?

Les questions du changement climatique, de l'énergie et de l'alimentation, mettant aujourd'hui en danger la survie de l'humanité, exigent une évolution radicale de notre modèle de société, qui ne pourra s'opérer que par la convergence d'initiatives individuelles et d'actions collectives.

Les objectifs naissent d?un triple constat :
  • Le climat : le Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat (GIEC) a publié depuis 1990 quatre rapports qui confirment la gravité du changement climatique et la responsabilité de l?activité humaine dans ce phénomène. Depuis, plusieurs sommets internationaux, Rio en 1992, Kyoto en 1997, Copenhague en 2009, ont démontré une prise de conscience des problèmes climatiques, sans pour autant déboucher sur des objectifs contraignants et ratifiés par l?ensemble des pays industrialisés.
  • L?énergie : l?accès à l?énergie constitue un droit fondamental de tout être humain. Or, le développement énergétique nécessaire pour faire face à l?accroissement de la population mondiale se heurte à 2 contraintes fondamentales : premièrement, l?épuisement des ressources énergétiques qui ont permis la croissance économique exceptionnelle du 20ème siècle. Deuxièmement, la contribution importante de la production et de l?utilisation de l?énergie à l?émission de gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
  • L?alimentation : sur les 10 dernières années, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, est passé de 850 millions à 1,02 milliards, il faudra penser à avoir un gros coffre-fort A2P pour autant d'investissements. Même si la réduction contre l?extrême pauvreté et la faim constitue le 1er des 8 objectifs du millénaire pour le développement (fixés par les Etats membres de l?ONU en 2000), il n?y a aucun engagement de date, de montant et de conditions des promesses d?aide. La situation de famine ne tient pas à une pénurie alimentaire globale mais à l?incapacité des petits paysans à acheter de la nourriture lors de mauvaises récoltes et à vivre décemment du fruit de leur activité. Par ailleurs, la répartition des revenus agricoles favorise largement les circuits de distribution, au détriment du producteur.

Objectifs porteurs de sens

La réorientation de nos sociétés vers un développement durable, respectueux de la planète et soucieux de l?héritage que nous laisserons aux générations futures, exige de nouveaux engagements, individuels et collectifs, répondant à 3 impératifs :
1. Un impératif de sobriété : réduire notre consommation d?énergie, principalement dans l?habitat et les transports ; lutter contre le gaspillage, sortir de la logique de consommation,
2. Un impératif de créativité : chercher de nouvelles solutions énergétiques renouvelables ; redéfinir la notion de croissance intégrant les impacts environnementaux et sociaux ;
3. Un impératif de justice : reconnaître la dette écologique Nord/Sud ; ouvrir et améliorer le débat public ; reconnaître à tous le droit à l?accès aux ressources et à un bien-être satisfaisant les besoins prioritaires
4. Un impératif de fraternité : partager les ressources, valoriser la dimension collective, développer la coopération entre pays ;

Engagements individuels proposés

Notre mode de vie individuel doit préfigurer le modèle de société sobre, économe, égalitaire et convivial que nous voulons promouvoir. Par exemple :
  • Investir dans l'isolation de son logement et le développement d'énergies renouvelables décentralisées
  • Minimiser les transports
  • Utiliser les transports en commun et les modes doux
  • Consommer les produits locaux et limiter la consommation de viande
  • Utiliser les circuits équitables
  • Privilégier l'achat de biens d'équipements durables et résister à la mécanisation à outrance
  • Participer, dans les groupes collectifs dont nous faisons partie (associations, collectivités, partis politiques, syndicats, ONG?), à la délibération collective et à l'innovation sociale

Engagements collectifs proposés

  • Au sein des entreprises :
    • Investir dans l?isolation des bâtiments
    • Faire du bilan carbone un outil de décision
    • Mettre en place un plan de déplacement d'entreprise, favoriser le covoiturage

  • Au sein des communes :
    • Initier ou prolonger les projets Agenda 21, plans climat territoriaux, éco-quartiers
    • Investir dans l?isolation des bâtiments publics, appliquer les normes HQE sur les nouveaux bâtis
    • Développer les transports en communs et les modes doux
    • Opter pour la valorisation énergétique des déchets
    • Favoriser la commercialisation de produits agricoles en circuits courts
    • Participer à la coopération décentralisée (jumelages, transfert de savoir-faire)

  • Au plan départemental et/ou régional :
    • Mettre en place un plan d?aménagement luttant contre la dispersion de l?habitat
    • Développer les transports collectifs inter-urbains (en particulier le train)
    • Favoriser l?innovation industrielle dans le domaine des énergies renouvelables

  • Au plan national :
    • Promouvoir des projets d'infrastructures économes en énergie
    • Financer des projets locaux de réseaux de transports en commun
    • Développer la recherche dans le domaine des énergies renouvelables
    • Fixer des objectifs volontaristes de réduction des gaz à effets de serre et répartir les quotas d'émission
  • Développer la fiscalité verte

  • Au plan international
    • Mettre en place une véritable économie du carbone et une taxe sur les transports aériens
    • Diffuser notre savoir-faire énergétique aux pays en développement

  • A tous les niveaux :
    • Développer, diffuser l'information, les solutions, les expériences
    • Ne pas réduire les terres cultivables, maintenir la bio-diversité, privilégier la sélection naturelle des semences, favoriser les circuits courts

Engagements de l?Etat : des règles à imaginer et à mettre en place

Le changement radical de mode de vie qu?appelle la situation climatique et énergétique de la planète nécessite la mise en place, à différents niveaux, d?institutions nouvelles, dotées de moyens suffisants, spécialisées sur ces questions, associées à des organes de délibération représentatifs et démocratiques.
  • Par exemple, au plan national, créer une agence nationale unique, type ADEME élargie, décentralisée dans les régions et départements, associée aux instances délibératives locales, chargée de mettre en ?uvre les politiques décidées nationalement et d?accompagner les entreprises, les collectivités, les particuliers
  • Au plan international, développer une gouvernance sur les questions énergétiques et alimentaires. Le G20 semble le mieux à même de prendre les décisions nécessaires et de les mettre en application rapidement.
  • Confirmer le rôle de la communauté scientifique et du GIEC
  • Redéployer les institutions internationales pour coordonner les politiques climatiques, énergétiques et alimentaires.


LOGO PACE CIVIQUE ALLONGE.png (1.7MB)


Les textes de base du Pacte civique


Pour démarrer, la présentation, les engagements et les orientations politiques

- Présentation du Pacte civique en 1 page
- Les repères pour l'engagement personnel proposés par le Pacte civique, en 1 page
- Les orientations politiques du Pacte civique en 4 pages

Pour continuer, le Pacte civique en actions

- Le Pacte civique en actions, en 4 pages


Pour aller plus loin, le livret d'accueil

Ce document d'une trentaine de pages reprend les éléments essentiels de la pensée et du projet du Pacte civique.
Voici le sommaire :

Introduction
1 - Plus qu’une crise, nous vivons un changement de civilisation mondial

1.1 - La question écologique
1.2 - Les déséquilibres internationaux
1.3 - Une économie fragile
1.4 - Le projet européen
1.5 - L’ère de l’information débridée et de l’intelligence artificielle
1.6 - La France entre traumatisme et perplexité
1.7 - Une crise des valeurs
2 – Le Pacte civique : inventer ensemble un futur désirable pour tous
2.1 - Les missions du Pacte civique
2.2 - Quatre valeurs clé pour nous guider
2.3 - Trois axes pour structurer notre action
3 - La phase 3 du Pacte civique
3.1 - Mieux diffuser un message rénové
3.2 - Relever le défi démocratique dans une situation politique inédite
3.3 - Poursuivre notre action de reliance
3.4 - Continuer à labourer nos terrains privilégiés
3.5 - Ouvrir de nouveaux champs de réflexion et d’action
3.6 - Améliorer notre gouvernance
Bibliographie
ANNEXE - Aux origines du Pacte civique

Télécharger le livret d'accueil .
Pour commander des brochures papier : contact@pacte-civique.org


Pour approfondir

Lisez les livres du Pacte civique



Et pour achever cette prise de connaissance

Je trace mon propre chemin ...

F6bis ? Donner aux personnes en situation d'exclusion les moyens concrets de s'exprimer et de participer à la construction et à l'évaluation des politiques qui les concernent


Thème : est-il normal qu'on traite des problèmes de chômage sans les chomeurs et d'exclusion sans les exclus ?

Pourquoi ?

La loi de 1998 sur les exclusions préconise la contribution des personnes en situation d?exclusion à la recherche des solutions qui les concernent. L?article premier de la loi de 2008 instaurant le RSA prévoit aussi la participation des « intéressés ». Par ailleurs toutes ces personnes ont légitimement droit à participer à tous les débats publics.
En fait, les progrès sont minimes ; la participation de ces personnes à la codétermination et à l?évaluation des politiques qui les concernent n?est, à quelques exceptions près, pas reconnue comme un élément constitutif central de notre démocratie. Privées souvent des moyens de se faire entendre et comprendre et soumises aux représentations de leurs interlocuteurs, elles ne peuvent faire reconnaître ce qu?elles vivent ni peser sur les décisions. On parle, on pense, et on construit à leur place, sans écouter leur demande ni leur expérience de vie.

Objectif porteurs de sens

En parallèle avec des politiques de redistribution plus justes, notre démocratie se doit d?initier une « politique de reconnaissance » à l?égard de toutes les populations qui se vivent comme dominées : les personnes en situation d?exclusion, de précarité ou de fragilité doivent être reconnues comme partenaires et même comme repères de la vie démocratique puisqu'elles sont les témoins de ses limites actuelles ; elles doivent pouvoir acquérir une capacité d?expression collective et disposer des moyens nécessaires pour s?organiser et pour participer à la transformation de la société.

Engagements individuels proposés

1. Chacun se donnera les moyens de connaître et de comprendre ce que vivent les personnes en situation d?exclusion en s?informant ou en se rapprochant d?elles.
2. Chacun s?engage à la vigilance à l?égard de ceux, dans son entourage, qui ne sont pas pris en considération et à tout mettre en ?uvre pour favoriser leur expression et reconnaître et faire reconnaître, quelque soit leur forme, le sens de leurs propos.

Engagements collectifs proposés aux élus, aux partis, aux associations, aux syndicats?

1. Créer les conditions d'une parole publique pour que s?expriment ceux qui sont réduits au silence ; développer les démarches permettant de construire une réciprocité avec les personnes en situation d?exclusion ;
2. Permettre aux destinataires des mesures d'aide et d'action sociales de déterminer, dévaluer et de gérer les services qui leur sont proposés ;
3. Dans le rapport aux services publics, restaurer la parité dans la relation entre les agents et les usagers qui sont dans une situation de communication défavorisée en proposant à ces derniers de se faire accompagner par une personne de leur choix.

Engagements et procédures nouvelles proposés aux Institutions

1. Pour contribuer à l?élaboration et au pilotage des politiques publiques, organiser des réunions de travail thématiques et des co-formations entre des personnes issues de milieux défavorisées et des représentants des institutions afin de confronter leurs représentations et d?amener une connaissance réciproque et un partage des savoirs qui permettront d?imaginer des améliorations des services.
2. Donner des moyens aux organisations de chômeurs et aux associations de solidarité pour les aider à s?organiser et à prendre part dans de bonnes conditions au débat public, notamment en les faisant participer aux instances de délibération nationales (Conseil économique, social et environnemental), régionales (Conseils économiques et sociaux de région) et spécialisées (Pôle emploi).
3. Promouvoir, au sein des formations aux métiers du social et de l?animation, une compétence nouvelle susceptible de développer le croisement des savoirs, l?expression individuelle et collective des personnes en situation d?exclusion ainsi que les capacités d?écoute des professionnels et de leurs supérieurs (ces attitudes d?écoutes qui font si souvent défaut).
4. Dans la relation d?accueil (de Pôle Emploi, de tous les Services Sociaux et de toutes les Institutions), renforcer la reconnaissance, le respect et la compréhension des personnes et de leur situation, améliorer les compétences, privilégier la qualité des services rendus et le temps consacré à l?écoute par rapport au temps dédié aux statistiques et aux contrôles.
5. Dans toutes les politiques publiques destinées à lutter contre les exclusions, dédier une part des crédits à l?expression évaluative des destinataires de ces politiques. Cette évaluation ne doit pas se contenter d?être individuelle (par sondages) ; elle doit être organisée collectivement par des échanges ; elle doit prendre en compte la parole particulière des usagers organisés et elle doit être rendue publique.

La sobriété...

Chapeau : Le Pacte civique, c'est quatre valeurs dont la sobriété
sobrieteheureuse_capture-decran-2018-09-26-a-11.45.36.png
Billet :


Il y a plusieurs manières de faire face aux crises que traverse notre société. Au repli et au désenchantement, nous choisissons résolument l’audace. L’audace pour faire preuve de créativité, d’innovation dans la recherche de solutions. L’audace pour préférer une sobriété choisie à une austérité qui nous serait imposée. L’audace pour bâtir une société de justice. L’audace enfin, pour dépasser les tensions, refuser la violence, faire preuve de Fraternité. 

Sobriété


Surproduction, chômage de masse, surconsommation de notre espace vital et des ressources de notre planète, déficit sans cesse aggravé de nos finances publiques : si rien n’est fait, nous laisserons à nos enfants et nos petits enfants une société lourdement endettée. Une dette sociale, une dette écologique, une dette financière qui toutes ensemble contraindront leurs choix, entraveront leur liberté. 


Plutôt que produire plus pour consommer plus, plutôt que se résigner à un chômage de masse, plutôt que de poursuivre la spirale infernale d’une consommation effrénée de nos ressources, nous choisissons l’audace de la sobriété.  Une sobriété qui nous conduit à nous interroger sur la réalité de nos besoins individuels et collectifs, à repenser le modèle de développement et de croissance que nous privilégions, pour éviter une surconsommation source de gaspillages. Une sobriété qui nous amène à repenser nos choix énergétiques pour limiter le réchauffement climatique, protéger notre environnement et notre planète.  

Sobriété enfin dans nos dépenses publiques. Oui, nous sommes convaincus qu’il faut avoir l’audace de redéfinir le bien commun, de repenser notre Etat, les services que celui-ci apporte à la collectivité, leur répartition pour assurer un égal accès de tous aux services publics, en particulier aux plus démunis.

Oui, nous choisissons l’audace de la sobriété ! Parce que nous avons la certitude que la sobriété choisie vaut mieux que l’austérité qui nous serait imposée tôt ou tard si nous n’y prenons garde.

Et parce que nous avons la conviction que le choix de la sobriété contribue au bien commun. Une sobriété sur laquelle s’appuie le Pacte Civique pour bâtir un futur désirable par tous. 


Plusieurs approches pour aborder la valeur sobriété


Dans ce court texte introductif à l’une des valeurs clés qui composent le Pacte Civique, la sobriété, nous proposerons trois approches -bibliographique, analogique et introductive à l’action- dont l’objectif est de nourrir nos réflexions, nos débats et nos mises en actes qui, nécessairement, s’en suivront.
 

Un essai de bibliographie

 Si la sobriété peut être définie comme « le choix de vivre mieux avec moins », nous disposons d’une abondante bibliographie, synthétisée ici autour de trois expressions :
- la simplicité volontaire ;
- l’abondance frugale ;
- la sobriété heureuse.
 
L’expression « simplicité volontaire »  fut créée par Richard Gregg en 1936. Mais il faut attendre 1973 pour qu’un premier ouvrage intitulé « voluntary simplicity » soit édité aux USA par Duane Elgin. Sous ces expressions, un grand nombre d’ouvrages fut publié durant la dernière décennie du XXème siècle et la première du XXIème, tant aux Etats Unis qu’en Europe.
« L’abondance frugale. Pour une nouvelle solidarité » publiée en 2010 par Jean-Baptiste de Foucauld  pendant la préparation du Pacte civique, appelle à sortir des crises concomitantes actuelles en alliant un nouveau développement et une solidarité, vision élargie des besoins humains. L’auteur propose sa concrétisation par un pacte sociétal de solidarité. 

Dans son ouvrage « Vers la sobriété heureuse » Pierre Rabhi en 2011, en propose une approche portée par sa propre expérience de vie : « Il m’a toujours été difficile de définir, de décrire la sobriété telle que je la ressens depuis de nombreuses années. En faire une option de vie est déjà beaucoup, mais cela est loin d’en révéler la subtilité. Elle peut être considérée comme une posture délibérée pour protester contre la société de surconsommation ».

Il convient enfin de citer l'ouvrage de Patrick Viveret, "Reconsidérer la richesse" (Editions de l'Aube, 2003), qui, remettant en cause la mesure par le PIB, propose d'utiliser d'autres indicateurs, reflétant mieux l'authentique création de richesse.


Ces approches croisent le concept de « décroissance », initié au début des années 1970 et dont Nicholas Georgescu-Roegen est considéré comme l’inventeur. Depuis cinquante ans, le mouvement a rallié à sa cause des auteurs prestigieux - André GorzThéodore Monod, Edgar Morin - et bien d’autres. Le mouvement de la décroissance s’exprime à travers des conférences internationales, une dizaine a eu lieu (la prochaine se tiendra en août 2018 à Mexico), des journaux, des revues, etc.

Alors que la simplicité volontaire et la décroissance ont longtemps été associées, la vigueur des débats sur la seconde a fait de celle-ci un terme « repoussoir » : « La sobriété, ça n'est pas la décroissance mais une autre forme de croissance » déclare Audrey Pulvar, nouvelle présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex Fondation Nicolas Hulot) lors de sa prise de fonction en juillet 2017.
 

Une approche analogique

Nous avons souhaité confronter brièvement l’option individuelle et collective de la sobriété à une brève série, partielle et partiale, de postures :
 

  • Sobriété et luxe d’un choix de vie après avoir profité d’un modèle de société de production et de consommation de masse, au départ occidentale, devenu Modèle mondialisé ;
  • Sobriété et tension entre valeurs et actions, qui signe la difficulté humaine de mettre en actes un changement qui impacte son quotidien dans toutes ses dimensions et doit s’inscrire dans la durée ;
  • Sobriété et philosophie de la joie, comme expérience vécue à laquelle appelle Pierre Rabhi ; comme l’écrit le philosophe R. Misrahi dans son ouvrage « la Joie sera une intuition de plénitude -le sentiment d’être comblé- accompagnée de la sensation d’être en accord avec le sentiment d’être comblé » ;
  • Sobriété et usage des ressources qui prend en compte leur rareté et leur impossible renouvellement,  qui l’emporte sur la propriété des biens, qui en privilégie la seule utilisation avant de les transmettre à d’autres usagers ;
  • Sobriété et option toujours inscrite dans un espace géographique, qui ne peut se poser de la même façon, pour exemple, sur le continent africain et en Amérique du nord.

 
Enfin, que signifiera la sobriété dans un processus annoncé et déjà à l’œuvre, de péril climatique, de déclin des énergies fossiles, de crise financière systémique et de disparition de pans entiers de la biodiversité. On commence à parler d’effondrement. Pour confirmation, la disparition actuelle d’un tiers des oiseaux en France. L’ouvrage des scientifiques Pablo Servigne et Raphaël Stevens dresse pour le moins des scenarios inquiétants, les interviewers d’Audrey Pulvar y font référence.
 


Introduction à l’action, autour de l’abondance

Imaginer une mise en actes collective et généralisée de la sobriété nous amène à constater d’une part, une certaine faiblesse de la production d’ouvrages sur ce thème durant la seconde décennie des années 2000 et d’autre part, un saisissement par le monde associatif et des collectivités locales de ce thème. Les convaincus sont en action mais demeurent minoritaires…
 
Comment amener les citoyens moins informés et non volontaires à rejoindre la posture de sobriété, sans les culpabiliser ? A la lecture de la proposition de Jerry BROWN, actuel Gouverneur de la Californie « Vous ne mettez pas les gens en mouvement qu’en leur proposant une histoire dans laquelle ils reconnaissent leur monde », faut-il se demander si la sobriété fait sens pour les individus qui ont vécu (voulu ou cherché) les promesses de civilisation d’abondance ?
 
Le mythe des sociétés d’abondance est largement partagé, l’être humain serait né pour l’abondance et s’il ne l’a pas connu dans sa vie terrestre, il en bénéficiera après sa mort (Christianisme, Evangile de Jean Ch.10.10 et Islam, où le Paradis promis donne tout en abondance).
Dans ce mythe commun, cette promesse se poursuit actuellement dans de nombreuses démarches de développement personnel et de quêtes spirituelles, qui continuent à proposer de « vivre dans l’abondance ».
 
Comment faire entrer l’humain dans un cercle vertueux de respect des ressources ? Tous s’accordent à l’importance de retrouver le lien avec la nature. Tout ce qui concourt à ré-ancrer les humains dans leurs liens avec le vivant est indispensable, notamment en milieu urbain, surtout en milieu urbain.
 
On assiste à une forte demande de ce lien dans  la Permaculture, qui répond à cette attente en soignant les hommes et la terre, en promettant l’abondance. Mais, elle s’adresse à un public urbain CS+, chercheur de sens et conscient de l’impasse des modes de production actuels. Lorsque ces groupes mettent leurs actes en accord avec leurs choix longuement muris, ils pratiquent la sobriété.

Comment sortir la sobriété du cercle des citoyens conscients, voire engagés et amener le plus grand nombre à s’y adonner volontairement, au-delà de ce qui s’imposera à eux, comme l’annoncent les scientifiques du GIEC et les mouvements les plus informés ?

Un grand chantier d’information et d’éducation populaire est à ouvrir, nous y sommes tous appelés.


Valeurs du Pacte associées : CREATIVITE / JUSTICE / FRATERNITE

Valeur du pacte associée : Sobriété
Filtrer :  adhérer  agir  agriculture  association  Borello  changement  changement de paradigme  citoyenneté  créativité  débat  Découvrir  démocratie  développement  Donner  éducation  egpc  engagement  Europe  exclusion  exigence  fraternité  indigné  information  initiative  institutions  interpeller les candidats  justice  Participer  pénicaud  planète  politique  sens  sobriété  sport  temps  transformation de la société  une nouvelle approche du changement  vivre autrement  vivreEnsemble